Publié le 19/10/2026
Gymnopilus aff. dilepis (Berk. et Broome) Singer
Le violet foncé de son chapeau hérissé de mèches, rappelant une arbouse violette, ne passe pas inaperçu ainsi que la pousse en masse de dizaines de carpophores. Retourné, il laisse apparaître des lames jaunes contrastant avec le chapeau et le pied qui est aussi d’une couleur violette. Le voile secondaire blanc est bien visible sur la marge du chapeau et laisse, haut sur le stipe, un anneau membraneux plus ou moins bien formé. C’est sur ce voile qu’apparaît la sporée brun rouille typique des gymnopiles. La couleur de cette sporée le distingue du tricholome rutilant (Tricholompsis rutilans) avec lequel nous l’avons confondu au début. C’était sans compter sur la sagacité de Philippe qui nous a mis sur la piste de ce taxon.
Cette espèce fait partie du groupe des gymnopiles pourpres (Purpurati) qui semble un peu complexe (voir la fiche de P. Tanchaud : Gymnopilus dilepis (Gymnopile à doubles écailles) · Mycocharentes c’est pourquoi nous la nommons avec réserve Gymnopilus aff. dilepis. Elle n’est pas sur l’actuel référentiel national Taxréf mais bien présente sur Fongiref. Outre sa présence en Charentes, l’espèce est aussi signalée par J. Boyer sur Villenave d’Ornon 33 (base de données GBIF).
Les champignons poussaient sur un tas de copeaux proche de la maison de la Réserve du Courant d’Huchet à Léon (40). Une partie était déjà presque passée et d’une couleur brun roux à chapeaux étalés, rappelant des armillaires dégradées, l’autre partie était récente et présentait les couleurs caractéristiques de l’espèce.
« Bien qu’il s’agisse d’une espèce tropicale, elle peut survivre sur des tas de copeaux de bois où le processus de compostage exothermique, dû à l’action des bactéries, des levures et des champignons, maintient une température intérieure suffisamment élevée pour permettre à Gymnopilus dilepis de se développer » (traduit de englishfungi.org). La température élevée des derniers mois a certainement aidé à la reproduction de cette espèce chez nous. Il est donc envisagé de revoir cette espèce plus souvent dans le futur.

Tas d’aiguilles et de copeaux de pin maritime (Pinus pinaster) avec le gymnopile.

En s’étalant, la couleur violette s’atténue et laisse apparaître le fond brun (à droite sur la photo). Le voile secondaire blanc est visible sur la marge du chapeau.

Les lames jaunes contrastent avec le sombre du chapeau. Le voile reste en partie sur le stipe et se couvre de spores brun rouille. La surface du stipe est fibrilleuse et subconcolore au chapeau.